vendredi 16 janvier 2009

DICTÉE DE LA SÉLECTIVE CHAMPI'ORTHO 2009

A Koba, tandis que les vieillards cherchaient à profiter de l’air frais des arbres, les femmes ployaient sous le faix de leurs occupations quotidiennes. Au même moment, filles et garçons travaillaient ensemble comme des forçats. Avec des cordes, des brouettes, des truelles et des moules, les jeunes se rendaient tous les jours à la mare, plongeaient dans l’eau stagnante et s’employaient à lui arracher la matière nécessaire pour restaurer les toits et décorer les maisons avant l’hivernage. A partir de la peinture traditionnelle, un mélange de boue et d’argile, de beaux motifs étaient réalisés sur les murs et le plancher. Un véritable travail d’orfèvre dans lequel excellaient les filles qui en profitaient pour se préparer secrètement à leur vie de femme. C’était l’occasion pour elles d’évoquer le nom de leurs fiancés Francika, de s’informer sur l’excision, le mariage précoce, la menstruation, la contraception, la grossesse, la maternité, les IST, le VIH/SIDA, l’exploitation des enfants et bien d’autres questions. Par pudeur, elles ne pouvaient évoquer ces thèmes jugés gênants ou défendus avec leurs mères et encore moins avec leurs pères.

Koba : Epeler ce mot.
Francika : Ecrire ce mot au tableau.

D’après Oumou Ahmar TRAORE
Mamou, épouse et mère d’EMIGRES (Editions Asselar, 2007)

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